Chili mon amour

Gabriela Barrenechea, guitare et chant.

J’ai créé « Chili, Mon Amour », un hommage à Salvador Allende, à la demande de la Ville de Lorient pour l’anniversaire des trente ans de sa mort le 11 septembre 2003.

Je parle et je chante le Chili, son histoire – mon histoire – les événements de 1973 dans mon pays, mon arrivée en France… Je chante, je parle, je traverse des moments difficiles à l’aide des chants, d’une pointe d’humour aussi.

Je défends dans ce concert l’idée que la vie prend le dessus, que malgré des chemins parfois difficiles, la fête est là, le rire est là, la vie est là, le rêve est là.

C’est un concert/témoignage où je raconte des histoires avec des chants que j’ai écrit un jour en regardant par ma fenêtre, des chants d’autres pays d’Amérique Latine qui ont touché ma vie, mon enfance, ma jeunesse, des chants des compositeurs-trices
latino-américain-e-s et français-es, des chants d’avant et d’après le coup d’état.
Un concert, pont entre ici et là-bas, entre Allende et la France, entre exil et vie de tous les jours, entre engagement et insouciance, dans des tissages passés et nouveaux, entre douceur et tendre rage.

Je fais ce spectacle seule ou avec Camilo Gonzalez au piano.
Camilo apporte sa jeuneuse, son talent, sa vitalité. Sa musique est traversée par son histoire chilienne et française, latino-américaine, d’ici et de là-bas.

J’avais 15 ans au moment du coup d’état

Ce mardi matin de presque printemps, nous entendions les hélicoptères sur nos têtes, les bombes retentir dans notre quartier. En début d’après-midi, la dernière radio annonça la mort de Salvador Allende. Mes yeux se remplirent de larmes. Orpheline. Rien ne serait pareil à partir de ce moment. Ma vie a basculé d’un coup d’état, d’un coup il m’a fallu grandir, vivre avec l’absence, la peur, le manque, la barbarie. Il fallait que je me taise, surtout ne pas me faire remarquer… Une belle page se tourne, une nouvelle, grise, est à écrire et je ne connais pas cette écriture. Pleine d’incertitudes.

La musique a été ma compagne de tous les jours. Elle était mon refuge, mon axe, ma vie. C’est avec elle que je me suis ouvert un chemin nouveau, celui qui m’a aidé à me refaire un réseau d’amis. Celui qui m’a rendu la parole et le goût pour la vie. Celui qui, à l’université, a accompagné mon engagement dans la résistance. Engagement qui m’a conduit en prison puis à l’exil en France, en décembre 1980. Voilà mon parcours depuis ce 11 septembre 1973, voilà ce que la mort de Salvador Allende a fait en moi et en beaucoup d’autres.

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